II. L'heure miroir 

C’est en questionnant le rapport au corps, et les notions d’appartenance et d’interdépendance dont il est sujet, dans sa facilité de partage et duplication via un contenu photo ou vidéographique, qu’est née cette seconde collection. Ainsi, L’heure miroir s’attache à relever le trouble de dissociation du corps visuel et du corps virtuel qu’entraîne le contact permanent avec le digital. Un corps que les pièces nous proposent de réapprivoiser au travers d’un vêtement à la ligne épuré, alliant structure et fluidité, ainsi qu’au moyen de découpes, ouvertures, jeu de transparence et opacité, mais aussi de liens et jeu de bandes aux faux-airs de shibari, expression matérielle et graphique du lien dans un quotidien sans fils. Il s’agit alors de reprendre conscience de sa richesse, de sa beauté « brute », naturelle, et de laisser germer une symbiose organique et spirituelle. Les volumes glissent sur le corps, cotons, lin, chambray et laines aux tissages évoquant le pixel, caressent le corps, l’enveloppant d’une onde sensuelle et raffinée.

À l’heure où tout se dédouble, le travail autour du lien tient également lieu de métaphore sur la question du lien perdu, de la multiplication des fractures dans une société toujours plus connectée, renversant les notions de proximité et d’éloignement. La notion de l’attachement bouleversée par l’intégration des applications de rencontres notamment, se retrouve dans les liens permettant d’épouser les poignets des chemises, ou de les laisser lâches, libres et détachés, au gré de vos aspirations. Une ambivalence aux contours troubles nimbée de teintes oscillant entre passion et séduction, par ses accents cœur de vin, beiges rosés galants, que des teintes grises, noires et blanches, un rien métalliques, viennent contraster.

It’s questioning the relationship with the body and the belonging and interdependence notions whos it is the subject in its sharing and duplication easiness through photographies or videos that this second collection is born. Indeed, The mirror time focuses on revealing the dissociation trouble between visual body and virtual boby that is driven by a permanent contact with the digital world. A body that the pieces try to find back through a garment with a refined design, blending structure and fluidity, and with cuts, slits, transparency and opacity contrasts. It’s also with links and stripes reminding a bit shibari ropes, material and graphic manifestation of the link in a wireless daylife. The aim is so to recover consciousness of its richness, its « raw », natural beauty, and to let an organic and spiritual symbiosis bloom. Volumes slip on the body, cottons, linen, chambray and wools with weavings reminding pixel caress the body, wrapping the body with a sensual and refined wave.

 

At a time when everithing seem to be duplicated, the work around the link is also a metaphor about lost link question, the multiplication of breaks in a society always more connected, shifting proximity and distance notions. The idea of attachment upset in particular by the integration of dating apps, is present in bands allowing to wrap shirt cuffs, or to let them loose and free, according to your aspirations. An cloudy ambivalence surrounded by colors oscillating between passion and seduction, with heart of wine, rosy beige gallant colors, accented by metallic some grey, black and white tones.

I. À l'ombre du théier

Cette première collection intitulée À l’ombre du théier, puise son inspiration dans l’atmosphère des salons de thé de la fin XIXème au début du XXème siècle. Crêpes et chiffons fluides et aériens,  lin et cotonnades aux accents moirés. Camaïeux de couleurs émail, porcelaine et darjeeling, laines et tissage à la main . Un subtil alliage teinté d’opium, oolong et d’étain, donnant une note de mélancolie, doublée de poésie. Comme autant de conversations perdues dans les vapeurs du thé, dont les feuilles imprègnent poches et empiècements des vêtements.

La tendance est à l’épure de la coupe, la silhouette longiligne, tantôt dissimulée derrière un délicat jeu de vêtement-étole, tantôt révélée par des bustiers souples. Les pièces constituent ainsi un vestiaire imprégné de féminité autant que de masculinité, empruntant des éléments iconiques à l’un et à l’autre, pour se forger une nouvelle identité. Une certaine ambivalence que complètent des contrastes de matité et brillance et jeux de proportions des longueurs. C’est ici que l’ombre du théier prend tout son sens: le paraître fusionne avec l’intime, tournant le dos à l’étiquette, aux codes et règles préétablis, aux bords frangés, dont il émane finalement une certaine harmonie.

This first collection named In the shadow of the bush draws its inspiration in tearooms atmosphere from the end of the 19th to the beginning of the 20th centuries. Crepe and fluid, airy fabrics, linen and cottons with a bright touch. Subtle shades of enamel, porcelain and darjeeling, wools and handmade weaving. A delicate alloy stained with opium, oolong and tin, giving a touch of melancholy, doubled with poetry. As many conversations lost in tea steams, which leaves impregnate pockets and yokes.

The purity of the line, the slender silhouette, sometimes hidden behind a delicate game of «shawl garment», some other times revealed by smooth bustiers. The pieces establish that way a wardrobe which combines feminity and masculinity, borrowing iconic elements to one and the other in order to create a new identity. A certain ambivalence that complete mattness and brightness contrasts and length proportions. There the shadow of the tea bush has a real meaning. Appearance merges with intimacy, turning our backs to etiquette, preset codes and rules, to raw edges, from which emanate finally a certain harmony.